Aller directement au contenu

Accueil > Le Journal des Arts > Archives > Les minutes d’Ohanian

Œuvre

Les minutes d’Ohanian

Le Journal des Arts - n° 201 - 22 octobre 2004

Agrandissement Diminution Envoyer à un ami ajouter aux Favoris Imprimer

Qu’il poursuive une mémoire ouvrière vacillante par un travelling dans un site déserté (White Wall Travelling, 1997), capte la course d’un athlète en lutte contre la durée de sa performance (At Late, 1998), ou trace la géographie d’une île laboratoire (Island of an Island, 1998-2001), Melik Ohanian élabore depuis la fin des années 1990, à partir de l’image (vidéo, cinématographique ou photographique), des configurations aptes à produire de nouvelles synchronisations entre la réalité, son enregistrement et sa restitution.
Seven Minutes Before, l’œuvre réalisée à l’occasion de son invitation à représenter la France à  São Paulo, s’inscrit dans la droite ligne de ce corpus, tout en ouvrant un nouveau chapitre. Travaillant avec les moyens de l’industrie cinématographique, l’artiste souscrit pour la première fois au régime de la fiction. Bien que structurelle, cette option n’intervient toutefois qu’en fin de partie. Elle est réservée à l’événement qui vient clore le dispositif de Seven Minutes Before : une collision de véhicules dans laquelle s’emboutissent les sept projections qui composent le film. Auparavant, ces sept points de vue simultanés et juxtaposés donnent la parole à des personnages qui campent leur propre rôle. Ils s’attachent à des scènes vécues et rejouées et font remonter à la surface des références (Matta-Clark, Smithson) comme autant de fantômes.
Pendant les quelques minutes précédant la levée du jour, la route de deux kilomètres qui sillonne un vallon du Vercors sert d’axe au voyage mental d’un spectateur noyé dans des résurgences et des événements apparemment épars, mais finalement appelés à se cristalliser dans la collision finale. Cofinancée par l’Association française d’action artistique, la délégation aux Arts plastiques et la galerie Chantal Crousel (Paris), l’œuvre, qui a fait l’objet d’une commande publique, devrait être montrée en France avant la fin de l’année 2005. D’ici là, c’est sous la forme d’un ouvrage (1) que l’on pourra revenir sur le projet. Dirigé par le critique Jean-Christophe Royoux (un des trois protagonistes avec Corinne Castel et Nathalie Viot de « Kristale Company », la société créée par l’artiste pour l’accompagner), Cosmogramme ne reprendra pas tant les images de Seven Minutes Before que son principe, en produisant une collision à partir de textes scientifiques et littéraires, réunis ici en écho à l’état fragmenté et simultané du monde contemporain.

(1) à paraître ces jours-ci chez l’éditeur américain Lukas & Steinberg.

Michelon Olivier

Du même auteur

501 articles ont été trouvés

 
Pages : 1 | 2 | 3 | 4 | 5
MOTEUR DE RECHERCHE
Retrouvez les archives du Journal des Arts depuis 2000

Tous les articles de plus de 3 mois sont consultables gratuitement
Revue :
Mots dans le titre :
Mots dans l'article :
Auteur :
Date de parution du :
au :
TOUTES LES EXPOSITIONS
PAR CRITERES

Titre
Du
Au
Ville
reset

PAR DATE
Ville

Inscrivez une ville
puis cliquez sur une date

SONDAGE

Seriez vous favorable à un prix d’art contemporain où tous les amateurs pourraient voter pour l’artiste de leur choix ?

Oui
Non
Sans opinion
Plan du site | Flux RSS | Accesskey | Mentions Légales | © Artclair 2008 | Qui sommes-nous ? | Nous contacter | S'abonner | Publicité