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Autonomie et transparence

L'Oeil - n° 615 - Juillet - août 2009

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Les musées n’ont pas été les derniers à conquérir leur autonomie à l’égard de la pesante tutelle étatique. La plupart des mille deux cents musées qui bénéficient du label « Musée de France » dépendent d’une collectivité locale. Or, depuis les grandes lois de décentralisation de Gaston Defferre en 1982, les communes ou régions n’ont cessé de récupérer des attributions et des ressources de plus en plus conséquentes. Elles ont alors progressivement pris conscience du rôle important de « leurs musées ». Que ce soit pour animer la vie locale ou attirer les touristes. Strasbourg, Lille, Montpellier, Nantes, toutes les capitales régionales se sont engagées dans de formidables travaux de rénovation et de modernisation tout en octroyant des moyens supplémentaires aux conservateurs locaux.
Sans la décentralisation, il n’est pas sûr que le phénomène eût pris une telle ampleur. Ce sont plutôt les trente-quatre musées nationaux qui semblent à la traîne de l’autonomisation. Seuls dix ont acquis le statut d’établissement public administratif. Ce qui a conduit une récente commission parlementaire, qui auditait le fonctionnement du Louvre, à préconiser une extension de ce statut aux autres musées nationaux.

Avec la disparition de l’économie dirigée, on sait que dynamisme et créativité vont de pair avec autonomie et responsabilité. Mais cela doit évidemment s’accompagner, afin d’éviter les dérives, d’un cadre contractuel et de transparence. Le classement annuel Artclair, publié dans L’œil et Le Journal des arts, auquel participe la très grande majorité des musées importants, permet, à son niveau, d’éclairer les élus et le public sur l’activité des musées. L’émulation qu’il entretient n’est qu’accessoire, il permet surtout aux uns et aux autres de se comparer sur toute une série de décisions stratégiques – prestations d’accueil du public, dépenses pour les expositions temporaires, tarifs – et leurs résultats – nombre de visiteurs, recettes commerciales, etc. Il appartient aux pouvoirs publics d’aller plus loin et de comparer notamment les structures de coûts ou l’efficience des travaux scientifiques.

Jean-Christophe Castelain

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