Questions à... Patrick Le Nouëne
Directeur des musées d’Angers, commissaire de l’exposition
L'Oeil - n° 615 - Juillet - août 2009
À quelle famille d’artistes rattacheriez-vous Robert Malaval ?
Malaval est niçois mais il ne fait pas partie de l’école de Nice, il fait de l’abstraction mais n’est pas un artiste abstrait, il utilise l’objet mais ne fait pas partie des Nouveaux Réalistes. En fait, c’est un artiste totalement inclassable.
Qu’est-ce qui fait la singularité de sa démarche ?
C’est quelqu’un qui a vraiment pensé le décloisonnement de la pratique picturale en introduisant dans son travail le son, l’éclairage, le design. Il était passionné de musique et avait chaque fois une façon d’opérer comme s’il faisait un concert ou un album. Son œuvre est un véritable mixte.
En quoi l’œuvre de Robert Malaval est-elle exemplaire ?
Elle l’est dans un rapport à la vie qui est tout à la fois enthousiaste, enjoué et exigeant. Malaval était un autodidacte. Il n’avait jamais appris la peinture et avait le souci de ne pas s’enfermer dans une manière. Si son exigence l’a souvent conduit jusqu’à l’excès, c’était pour lui une question de liberté.
L'oeil