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Concentré de chefs-d’œuvre italiens

L'Oeil - n° 605 - Septembre 2008

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Pisanello, Bellini, Botticelli, Raphaël, Lotto, Titien, et d’autres encore. Tels sont quelques-uns des artistes qui constituent la prestigieuse collection de la pinacothèque de l’Accademia Carrara de Bergame.

Soixante-dix tableaux de cet ensemble, réuni à partir du XVIIIe siècle dans la ville Lombarde et qui compte pas moins de mille huit cents œuvres au total, sont exposés pour quelques mois à la fondation de l’Hermitage, à Lausanne.
Fermée pour travaux pendant une durée de deux ans, l’institution italienne a accepté de prêter ses chefs-d’œuvre à cette fondation privée suisse, installée dans une cossue maison du XIXe siècle sur les hauteurs du lac Léman. Une banque implantée dans les deux villes, la Banque de Dépôts et de Gestion, a servi d’entremetteuse : les œuvres ne sont pas louées, mais la banque finance la logistique ainsi que la restauration de quelques-uns des tableaux. La sélection a été effectuée par Giovanni Valagussa, conservateur en chef de l’Accademia Carrara. « Cette collection offre différents niveaux de lecture souligne ce dernier, comme l’histoire du collectionnisme ou les écoles régionales. »
Le parcours s’ouvre avec l’exceptionnel portrait de Lionel d’Este (vers 1441), dû à Pisanello, qui vient d’être restauré pour l’occasion. Ce portrait de trois-quarts, jalon entre le gothique et la Renaissance, est l’un des trois seuls panneaux sur bois connus de l’artiste. Il côtoie dans la même salle une superbe Vierge à l’Enfant (1470-1475) due au vénitien Giovanni Bellini, traitée telle une Vierge de pitié, rehaussée d’un somptueux vêtement éclairé d’une pluie d’or.
Réunis par écoles, les tableaux sont présentés dans une scénographie des plus sobres, cimaises vert clair et lumière naturelle. La petite salle sous comble, dévolue au XVIIe siècle, peu surprendre avec ses belles natures mortes aux instruments de musique, dues à Baschenis.
« On y trouve peu de caravagesques car il en reste assez peu en Italie, explique Giovanni Valagussa. La plupart ont été vendus à la fin du XVIIIe siècle. » Un siècle où l’on préférait aux effets baroques les vedute vénitiennes, comme en témoignent les très beaux Guardi exposés au sous-sol.

Flouquet Sophie

« La peinture italienne, de la Renaissance au XVIIIe siècle », fondation de l’Hermitage, 2, route du Signal, Lausanne (Suisse), www.fondation-hermitage.ch, jusqu’au 26 octobre 2008.

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