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La commande publique depuis 20 ans

L'Oeil - n° 605 - Septembre 2008

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La commande publique est-elle soluble dans l’art contemporain ? Les colonnes de Buren au Palais-Royal (1986) ou, plus près de nous, les multiples interventions artistiques qui jalonnent les nouveaux tramways apportent une réponse positive sans appel.

Pourtant, ce n’est que très récemment que les réalisations d’artistes en milieu urbain, commandées par l’État ou les collectivités locales, ont quitté le registre des statues commémoratives.
Le XIXe siècle fut le siècle d’or de la commande de sculptures de grands hommes. Puis les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale ont pris le relais de cette statuomanie. Après une longue éclipse, la commande publique a trouvé un nouvel élan avec les années Lang, point de départ de cet ouvrage qui s’intéresse aux 700 œuvres in situ commandées à 400 artistes jusqu’à aujourd’hui.

Un art encore jeune
Les premières années Lang n’annoncent en rien la suite. François Mitterrand, renouant avec la IIIe République, insiste pour qu’on érige à Paris des statues figuratives en l’honneur des grandes personnalités qui n’en bénéficient pas encore : Picasso, Georges Pompidou, Jean Moulin. Mais Jacques Chirac, alors maire de Paris, n’entend pas céder un mètre carré de son territoire au président. Les Tuileries ou le jardin du Luxembourg, domaines d’État, deviennent alors un parking de luxe pour des statues en quête d’une place publique.
Finalement, mais avec une bonne trentaine d’années de retard, « l’art à ciel ouvert » rompt avec la statuaire multiséculaire. Vingt ans de commandes publiques n’offrent pas assez de recul pour appréhender un art entièrement nouveau. Comment appeler ces interventions d’artistes qui ne commémorent plus les grands hommes ? Comment les intégrer dans le paysage urbain ? Les matériaux utilisés vont-ils bien vieillir ? À l’instar de certaines installations transformées en banc public ou piste de skate, ces œuvres ne risquent-elles pas d’être détournées de leur vocation initiale ?
L’ouvrage ne prétend pas être la référence sur le sujet. Le catalogue raisonné des commandes publiques est certes exhaustif, mais les reproductions sont indigentes. Les essais manquent de charpente et fleurent un peu le copinage. Mais il reste une très bonne introduction à une histoire en train de s’écrire.

Castelain Jean-Christophe

Caroline Cros et Laurent Le Bon, L’Art à ciel ouvert, Flammarion, 288 p., 800 ill., 45 €.

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