Questions à Brigitte Hedel-Samson
conservatrice en chef, Musée national Fernand Léger, Biot
L'Oeil - n° 604 - Juillet - août 2008
À propos de Fernand Léger, on parle souvent d’« esprit moderne ». Que recouvre cette expression ?
Elle renvoie au mouvement créé dans les années 1920 et que Léger a développé jusqu’à la fin des années 1930 avec Le Corbusier, Jeanneret et Alvar Aalto notamment. Ce mouvement s’appuyait sur une théorie optimiste qui s’est révélée utopique et qui prônait le fait que, grâce à la technique, l’homme serait plus libre.
En quoi le tableau des Constructeurs est-il si important ?
Il est devenu emblématique parce qu’il participait à la diffusion de la joie de travailler dans le contexte de la reconstruction après guerre. C’est un tableau très graphique, puissamment construit, dans la grande tradition de la peinture française.
Quel genre d’influence Fernand Léger a-t-il exercé ?
De son vivant, Léger a formé énormément d’élèves avec lesquels il a toujours entretenu des rapports d’échanges très fructueux, dont Sam Francis, Ellsworth Kelly, Louise Bourgeois et Aurélie Nemours.