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L’art japonais made in Paris

L’art japonais made in Paris

L'Oeil - n° 598 - Janvier 2008

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Paris a toujours exercé sur les artistes une fascination particulière. Pendant l’ère Meiji (1868-1912), époque d’ouverture et de modernisation du Japon, les artistes japonais ont été très nombreux à vouloir s’y rendre pour se familiariser avec le style occidental, notamment la peinture à l’huile. Organisée dans le cadre du 10e anniversaire de la Maison de la culture du Japon à Paris et du 120e anniversaire de la fondation de l’Université nationale des beaux-arts et de la musique de Tôkyô, l’exposition parisienne présente les œuvres d’une dizaine d’entre eux dont l’œuvre a rayonné sur leurs contemporains.
En guise d’introduction, on y découvre pour comparaison les œuvres de Raphaël Collin, petit maître académique, et de Seiki Kuroda. La rencontre que celui-ci fit de celui-là a été déterminante pour le développement de la peinture yôga au Japon, c’est-à-dire d’influence occidentale, qu’il s’agisse des techniques de l’académisme ou du style lumineux du naturalisme façon impressionniste tels qu’en rendit compte l’Exposition universelle de 1900 et qui ont marqué des artistes comme Eisaku Wada, Chû Asai et Takeji Fujishima. Certains décidèrent de s’installer en France pour y créer et infléchirent dès lors nettement leur style, à la mode hexagonale. Si Kuroda tire vers l’impressionnisme, Wada vers l’académisme et Asaï vers les arts décoratifs, Fujishima revendique pour sa part un sens esthétique oriental appuyé. 
Originaires de Kyôto, Sôtarô Yasui et Ryûzaburô Umehara qui viennent à Paris dans les premières années du XXe siècle ne cachent pas leur admiration l’un pour Renoir, l’autre pour Cézanne. Tous deux sont à l’origine d’une peinture occidentalisante japonaise qui décline un art tantôt aux couleurs vives et éclatantes, tantôt au graphisme souligné. 
Interrompue par la guerre, la vague d’artistes japonais qui veulent se rendre à Paris reprend dès 1918. Curieux des avant-gardes fauve, cubiste ou surréaliste, ils entraînent leur art à toutes sortes d’expérimentations plastiques. Si Tsuguharu Foujita ne tarde pas à devenir l’une des figures emblématiques de l’École de Paris, les œuvres de Yûzô Saeki et ses images des bas quartiers de Paris ou celles de Zenzaburô Kojima et son style décoratif n’en sont pas moins intéressantes. L’intérêt de cette exposition est justement de nous les faire découvrir.

Piguet Philippe

« De Kuroda à Foujita, peintres japonais à Paris », Maison de la culture du Japon, 101 bis, quai Branly, Paris XVe, tél. 01 44 37 95 00, www.mcjp.assoc.fr, jusqu’au 26 janvier 2008.

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