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Lille paye sa dette à l’Atelier de la Monnaie

L'Oeil - n° 598 - Janvier 2008

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À Lille, entre 1957 et 1972, l’Atelier de la Monnaie était le seul rendez-vous de l’art contemporain de tout le Nord de la France. Une exposition rend compte de cette période, pour mémoire.

On dit de l’histoire qu’elle est un éternel recommencement. En matière d’histoire de l’art, cela est vérifié. Un mouvement chasse l’autre, une génération émerge qui s’en prend à ses aînés et les jeunes artistes se rebiffent contre l’académisme ambiant. On ne compte plus le nombre de petits groupes qui se sont ainsi constitués ici et là. Si d’aucuns ont réussi à s’imposer pour déterminer l’histoire à l’ordre d’une nouvelle aventure esthétique, d’autres ont tout simplement sombré dans l’oubli. Il n’en reste pas moins qu’ils ont animé la scène artistique et qu’ils ont contribué par leur action à défendre une idée contemporaine.

Un étonnant mélange des genres et des pratiques
Il en est ainsi de l’Atelier de la Monnaie à Lille entre 1957 et 1972. Même si bien peu se souviennent aujourd’hui de ceux qui l’ont créé – Jean Brusy, Jean-Pierre Dutour, Roger Frézin, Pierre Olivier, Lyse Oudoire, Jean Parsy et Claude Vallois –, force est de reconnaître que le Nord leur doit une fière chandelle. Celle d’avoir défendu les couleurs d’une création pionnière et d’en avoir organisé toutes sortes de manifestations prospectives dans leur région. C’est ce que s’applique à mettre en exergue l’exposition du Palais des Beaux-Arts de Lille en rassemblant l’essentiel des œuvres de ceux qu’ils avaient eu l’audace de montrer.
Outre les travaux de ses fondateurs, on peut y voir ainsi ceux d’artistes aussi divers que Roberto Matta, Joseph Sima et Wifredo Lam pour le surréalisme ; Balthus, Gustave Singer et Martin Barré pour l’École de Paris ; Manessier et Messagier pour l’abstraction lyrique ; Stanley Hayter et Vasarely pour l’Op Art ; Télémaque et Rancillac pour la Nouvelle figuration ; Viallat et Dolla pour Supports-Surfaces,  etc. Sans oublier des artistes originaires du Nord comme Permeke, Labisse, Gromaire, de Graeve ou Pignon.
C’est dire l’étonnant mélange des genres et des pratiques qui ont été présentés à l’Atelier de la Monnaie et comment cela avait pu être vécu par ceux qui le fréquentaient comme un véritable centre de ressources palpables et concrètes. C’est souligner aussi le retour d’intérêt que montre une exposition de cette nature au regard de toute une époque qui n’était pas moins riche ni inventive qu’aujourd’hui.

Piguet Philippe

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