Aller directement au contenu

Accueil > L'Oeil > Les Unes > L'Oeil - n° 598 > Ballet de mécaniques

Ballet de mécaniques

L'Oeil - n° 598 - Janvier 2008

Agrandissement Diminution Envoyer à un ami ajouter aux Favoris Imprimer

Et si les machines produisaient de l’art ? C’est l’hypothèse discutée à la Schirn Kunsthalle à grand renfort d’engrenages, engins et machinations de tout poil. On attendait Cloaca, un impeccable et savant tube digestif mécanisé distribuant étrons à la chaîne et réglé par Wim Delvoye. L’exposition opte pour une sélection plus convenable et moins métaphorique, mais partage avec l’homme-machine de l’artiste belge l’idée d’une délégation de compétence. De l’artiste à la machine.
À commencer par l’assise historique du parcours, largement cédée à Jean Tinguely (1925-1991), le champion des folles mécaniques. Le Suisse est chargé du préambule de l’exposition et embrasse à lui seul l’essentiel des pistes explorées un demi-siècle plus tard. Dépliées comme d’agiles membres d’insectes métalliques motorisés, les Méta-Matics ouvrent la danse. D’abord rudimentaires, les mécanismes activés par les spectateurs se sophistiquent et produisent de drôles de dessins abstraits, singeant durement la gestuelle subjective des peintres abstraits dominants de l’après-guerre. Mouvement, flux, critique du tout technologique, de l’individualité créatrice et de l’unicité de l’œuvre d’art, Tinguely libère un faisceau de questions et de commentaires.
Au regard de ce transfert de responsabilité, quel statut pour ces dessins aléatoires produits par la machine ? Quelle autonomie et quel statut pour l’engin ? Son mécanisme ? Son auteur ? Pour le spectateur qui l’active ? Et pour son espace de production ? Autant de questions ressaisies au présent et affinées à l’aune des nouvelles technologies ou du modèle scientifique.
À la Schirn, inutile de chercher quelques machines célibataires dont le mécanisme tournerait en boucle ou à vide. Toutes produisent ou jouent à produire. C’est le cas du dispositif du New Yorkais Roxy Paine, Scumak n° 2, sérieux robot industriel produisant en temps réel de sculpturales et molles coulures de plastique, déposées sur un tapis roulant. C’est le cas encore avec les machines de Damien Hirst, promettant de bien Beaux Dessins obtenus par rotation mécanique. Angela Bulloch, Olafur Eliasson, Pawel Althamer, tous rejouent avec légèreté la trinité artiste-œuvre-spectateur. Jusqu’à la signature, assurée par le bras mécanique de Tim Lewis, griffonnant sans mollir la signature de Dalí sur un ruban de papier.

Farine Manou

« Kunstmaschinen – ­Maschinenkunst », Schirn Kunsthalle Frankfurt, ­Römerberg, D-60311 Francfort (­Allemagne), tél. (+0049) 69 29 98 82-0, www.schirn.de, jusqu’au 27 janvier 2008.

Du même auteur

370 articles ont été trouvés

 
Pages : 1 | 2 | 3 | 4 | 5
MOTEUR DE RECHERCHE
Retrouvez les archives de L'oeil depuis 2000

Tous les articles de plus de 3 mois sont consultables gratuitement
Revue :
Mots dans le titre :
Mots dans l'article :
Auteur :
Date de parution du :
au :
TOUTES LES EXPOSITIONS
PAR CRITERES

Titre
Du
Au
Ville
reset

PAR DATE
Ville

Inscrivez une ville
puis cliquez sur une date

Consultez gratuitement les archives de L'oeil et du JdAConsultez les archives sur artclair.comConsultez les archives du JdAConsultez les archives de L'oeil
DESSIN DE LA QUINZAINE
Plan du site | Flux RSS | Accesskey | Mentions Légales | © Artclair 2008 | Qui sommes-nous ? | Nous contacter | S'abonner | Publicité