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Toutes les peintures murales de Rivera

L'Oeil - n° 601 - Avril 2008

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Plus qu’un pavé, une véritable pierre de taille : le catalogue des peintures murales de Diego Rivera est déroutant par sa taille (un demi-mètre de hauteur) et son poids (plus de 10 kg). Comment le lire ? Ce détail contingent n’en est pas un car à l’étonnement succède une heureuse surprise : c’est un livre à lire et pas simplement à regarder comme le sont en général ces livres-objets.

Scénario révolutionnaire
Il rassemble toutes les peintures murales de l’artiste mexicain moderne sans doute le plus connu, à l’exception peut-être de Frida Kahlo, dont la notoriété en tant qu’épouse de Rivera justement, éclipsa celle de la femme peintre. Né en 1886, Rivera, séjourne près de quatorze ans en Europe, avant de rejoindre le Mexique en 1921. Il échappe ainsi à la tourmente de la guerre civile mexicaine qui a débuté en 1910.
Si les convulsions de la Révolution agitent toujours le pays, Rivera profite d’un climat favorable aux artistes qui lui ouvre sa première commande de décor mural : 150 panneaux au secrétariat de l’Éducation publique à Mexico. Délaissant le cubisme, au demeurant bien fade, de son séjour parisien, il renoue avec une peinture pleinement figurative et réaliste qui convient mieux à ce type de décor. Dès lors, l’intérêt de ces panneaux réside plus dans l’iconographie que dans le style, ample, coloré, parfois naïf. Dans cette première commande ainsi que dans celles qu’il réalise pour d’autres établissements publics mexicains, il scénarise la Révolution, non sans un certain manichéisme, et puise dans l’histoire glorieuse de son pays mais aussi dans les malheurs de ses contemporains. Très engagé politiquement, membre du parti communiste avant d’en être exclu après son séjour à Moscou, proche de Trotski, il est pourtant invité à plusieurs reprises aux États-Unis pour réaliser des peintures murales.
L’ouvrage s’organise autour des principales commandes publiques. Les auteurs ont mis un point d’honneur à expliquer le contexte de chaque commande. Malheureusement, les textes souffrent parfois d’une traduction littérale laborieuse et manquent un peu de distance critique. Restent les reproductions des décors, d’une qualité à couper le souffle. Vues panoramiques, détails agrandis, jusqu’aux photos de Rivera en train de peindre, les illustrations sont prodigieuses, à l’aune de cet opus.

Castelain Jean-Christophe

Diego Rivera. Toutes les œuvres murales, Taschen, 672 p., 29 x 44 cm, 150 euros.

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