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L'Oeil - n° 603 - Juin 2008
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Avec une centaine d’œuvres, le MAMVP retrace le parcours de cet artiste écossais, star du marché de l’art mondial. Représentant de la jeune peinture anglaise, Peter Doig est fasciné par la nature. Mais une nature habitée par l’homme.
Biographie
1959
Naissance à Édimbourg.
1979
Après une enfance passée au Canada, il entre à la School of Art de Wimbledon à Londres.
1980-1983
Etudie au Saint Martins College of Art and Design de Londres.
1989-1990
Etudie à la School of Art de Chelsea à Londres.
1998
Exposition à la Kunthalle Kiel en Allemagne.
2005
Professeur à la State Academy of Art de Düsseldorf.
2008
Rétrospective Peter Doig à l’ARC jusqu’au 7 septembre 2008.
Doig, Saatchi, Sotheby’s et le marché
Le collectionneur russe serait devenu l’incarnation brutale et enthousiaste d’un marché de l’art boulimique tendance hystérique. À vrai dire, la shortlist des prix records s’enorgueillit souvent de noms venus de l’Est, et la petite histoire aime à faire de l’acheteur russe un amateur suiveur et empressé.
Qu’on se souvienne de la transaction qui fit les choux gras condescendants de la presse du genre : Londres, Sotheby’s, 7 février 2007, le tableau White Canoe de Peter Doig est cédé pour la somme démente de 8,2 millions d’euros à un acheteur russe. Soit cinq fois son estimation, bombardant du même coup le peintre écossais – à quarante-huit ans seulement – recordman de vente « pour un artiste européen vivant » (Roxana Azimi). Cinq ans plus tôt, une toile issue de la même série était adjugée pour environ 350 000 euros.
White Canoe, un soufflé vite retombé ?
Que s’est-il passé ? White Canoe, daté de 1990/1991, a d’abord été habilement défendu dans l’exposition « Triumph of Painting » montée par le publicitaire anglais Charles Saatchi pour promouvoir sa propre collection. La toile est ensuite vendue à Sotheby’s, qui l’adjuge un an après pour la somme que l’on sait après un combat de coqs livré entre une poignée de prétendants. Si Doig passe instantanément du statut de représentant de la jeune peinture anglaise à celui de star internationale, la vente n’est pas pour autant suivie d’une folle réévaluation de cote. Il y aura inflation – notamment auprès de ses galeries londonienne et new-yorkaise –, mais raisonnable inflation.
Pour les toiles les plus récentes, les prix se stabilisent plus près de 2,5 que de 7,6 millions d’euros tout en maintenant le peintre dans le cercle très fermé des artistes contemporains à « millions ». C’est un « one shot », confirme le journaliste Harry Bellet, qui aura surtout « fait grimper le prix des assurances pour l’exposition à Paris » !
La levée de soufflé de février dernier en est donc restée – pour l’instant – au stade d’épiphénomène. En résulte peut-être une relative défiance critique à l’égard de la peinture de l’Écossais, estampillée Saatchi, surmédiatisée par son record et archivée au rayon peinture de marché.
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