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Philippe Hiquily, sculpteur et créateur de mobilier

L'Oeil - n° 567 - Mars 2005

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Philippe Hiquily est de ces hommes multicartes, aussi bien sculpteur que créateur de mobilier. Pour rendre hommage à cette double casquette, les galeries Yves Gastou et Patrice Trigano ont joint leurs efforts en présentant l’un ses meubles seventies, l’autre ses sculptures des années 1980-1990. Les deux expositions se synchronisent avec la publication d’une monographie sobrement titrée « Hiquily, bronzes et mobilier » par l’historien Pierre Cabanne. En 1948, Philippe Hiquily entre à l’École des beaux-arts de Paris, en même temps que César et Féraud. Au confluent du surréalisme et du Nouveau Réalisme, Hiquily ne se laissera happer par aucun courant. Formé aussi par la sculptrice
Germaine Richier, Hiquily utilise le cuivre, le laiton, le fer et la tôle. Il devient créateur de meubles par hasard, en recevant une première commande de Marie-Laure de Noailles. L’art et le design commencent à se chevaucher, le mobilier d’artiste a alors le vent en poupe, comme en témoigne le succès du peintre Guy de Rougemont.
Poussé par le décorateur Henry Samuel, qu’il rencontre à New York en 1961, Hiquily s’attelle à ses premiers modèles. Il privilégie alors l’acier plié, le laiton chromé, le bois pétrifié ou le Plexiglas. Les commandes aristocratiques ou mondaines affluent, des Rothschild à la princesse de Broglie. En 1999, il réalise le mobilier d’un salon et d’une suite de l’hôtel Lutetia. Si ses meubles brillent d’un certain esprit moderniste, ses sculptures féminines oscillent entre l’humour et l’érotisme soft. En témoignent d’ailleurs des titres comme Youp là boum ou la Traviata qu’on ne peut prendre qu’au second degré. D’après le critique d’art François Jonquet, ses femmes objets seraient « des matrices, mais aussi des objets de désir, lieux de terreur et de délices ». Tout un programme ! Pourtant ces têtes d’épingles, aux formes amples mais aux membres effilés en antennes ou en pointes, sont souvent plus drolatiques que sensuelles.

Azimi Roxana

« Hiquily », PARIS, galerie Patrice Trigano, 4 bis rue des Beaux-Arts, VIe, tél. 01 46 34 15 01 ; galerie Yves Gastou, 12 rue Bonaparte, VIe , tél. 01 53 73 00 10. 16 mars-16 avril.

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