Aller directement au contenu

Accueil > L'Oeil > Patti Smith électrise la fondation Cartier

Patti Smith électrise la fondation Cartier

L'Oeil - n° 602 - Mai 2008

Agrandissement Diminution Envoyer à un ami ajouter aux Favoris Imprimer

L’égérie de la scène punk-rock new-yorkaise des années 1970, l’éternelle silhouette androgyne, capable à 62 ans de mettre encore en transe des milliers de spectateurs scandant Because the night, n’a pas du poète maudit la redingote hors d’âge.

Sa puissance créatrice est réelle et protéiforme. Elle s’exerce dans l’écriture, la photo, le dessin, le film. L’exposition « Land 250 », du nom d’un Polaroïd toujours utilisé par la musicienne, réunit des œuvres illustrant son univers lyrique, esthétique, spirituel, en particulier plus de deux cents photographies en noir et blanc de l’artiste, initiée à l’objectif par son amour de jeunesse Robert Mapplethorpe, dès 1967. Très intimiste, « Land 250 » présente également des objets chers à cette écorchée vive, provenant de ses archives personnelles : des manuscrits originaux, une photo prise par Brâncusi, une pierre recueillie au bord de la rivière où Virginia Woolf mit fin à ses jours.
C’est à deux pas de la fondation, rue Campagne-Première, que Patti Smith débarque à Paris pour la première fois en 1969, dans l’immeuble où le plasticien Yves Klein avait installé son atelier quelques années auparavant. Mais la poétesse a plutôt choisi l’endroit à cause de Rimbaud et Verlaine qui vécurent dans cette rue. Aujourd’hui encore, Patricia Lee Smith aime arpenter le quartier de Montparnasse et le cimetière du Père Lachaise où sont enterrés Jim Morrison et Proust.
Munie de son appareil photo, elle capture des émotions, raconte une histoire, ressuscite l’environnement de ceux qui ont changé sa vie : des pantoufles de Robert Mapplethorpe au lit de Virginia Woolf, en passant par la machine à écrire d’Hermann Hesse, les couverts de Rimbaud… La vie de Patti Smith est emplie de fêlures qu’elle tente de combler par l’art : en 1977 un grave accident la plonge dans l’écriture, tandis que dans les années 1990 face à la perte de Robert Mapplethorpe, de son mari le guitariste Fred Sonic, de son frère Todd et de son pianiste, la photo est sa rédemption.
Citoyenne du monde, militante de l’idéal, la prêtresse du rock dont la chanson People have the power est devenue un hymne en faveur de la liberté et contre la guerre. Dans le coin boutique, elle a sélectionné des livres, disques, films et objets qui lui ressemblent. « Plus que divertir un public, je veux lui donner à réfléchir », rappelle celle qui reçut en 2005 les insignes de Commandeur des Arts et Lettres. Distinction qu’elle préfère largement à un MTV Award, assure la rebelle.

Robert Martine

Voir

« Land 250 », fondation Cartier, 261, boulevard Raspail, Paris XIVe, http://fondation.cartier.com, jusqu’au 22 juin.

Du même auteur

47 articles ont été trouvés

 
Pages : 1 | 2 | 3 | 4 | 5
MOTEUR DE RECHERCHE
Retrouvez les archives de L'oeil depuis 2000

Tous les articles de plus de 3 mois sont consultables gratuitement
Revue :
Mots dans le titre :
Mots dans l'article :
Auteur :
Date de parution du :
au :
TOUTES LES EXPOSITIONS
PAR CRITERES

Titre
Du
Au
Ville
reset

PAR DATE
Ville

Inscrivez une ville
puis cliquez sur une date

Consultez gratuitement les archives de L'oeil et du JdAConsultez les archives sur artclair.comConsultez les archives du JdAConsultez les archives de L'oeil
DESSIN DE LA QUINZAINE
Plan du site | Flux RSS | Accesskey | Mentions Légales | © Artclair 2008 | Qui sommes-nous ? | Nous contacter | S'abonner | Publicité