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La Cour des Comptes épingle les grands chantiers culturels

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La Cour des Comptes, présidée par Philippe Séguin, Jean Picq, président de la 3ème chambre et Claire Bazy-Malaurie, rapporteur général et président de chambre, a publié, mercredi 12 décembre, un rapport inquiétant sur le coût des « grands chantiers culturels » couvrant la période 1998-2006. Au total une soixantaine de projets architecturaux sont passés au crible des magistrats de la Cour qui épinglent les dérapages financiers associés, comme de coutume, aux grands travaux présidentiels, comme aux restaurations d’envergure.

Dans les deux cas, le musée du Quai Branly et le Grand Palais avec 42% et 233% de dépassement budgétaire remplissent pour moitié le gouffre financier que représentent les seuls chantiers parisiens. Pas mieux lotis, les travaux de restauration de l’Opéra Garnier ou du théâtre de l’Odéon ainsi que les aménagements de la Cité de la musique ou de la Cinémathèque françaises allongent la liste noire des chantiers trop couteux de la capitale.
La Cour souligne que la réussite technique de ces ouvrages ne peuvent compenser les écarts de coût supérieurs à 30%  en moyenne et reléguer au second plan le dépassement systématique des délais de livraison de bâtiments.

Dans le rapport, tout indique que Paris est l’ogre de la France. Les grands travaux franciliens sont financés au détriment des chantiers régionaux de restauration qui périclitent. Le journal Le Parisien rappelle, qu’au 1er janvier 2006, 20% des  45 000 monuments recensés étaient en péril. Les magistrats sont formels à ce sujet : l’Etat n’a plus les moyens de financer les rénovations dans les régions.
Depuis 1999, le ministère a déjà absorbé près de 250 M€ de surcoût. La Cour prévient que « la situation des finances publiques ne lui [ le ministère] permettra pas de le faire une deuxième fois au cours des années à venir ». Dans ce contexte délétère,  la récolte de fonds en provenance du secteur privé apparaît plus que nécessaire. 

Le rapport de la Cour des Comptes dénonce les trois causes principales de ces dérapages budgétaires. La première tient en la sous-estimation des devis initiaux, trop souvent minorés pour emporter la validation d’un projet. Le chantier du musée du Quai Branly estimé au départ à 204,70 M€ coûta, en définitive, plus de 290 M€. Des chiffres aussitôt contestés par le musée qui estime dans un communiqué à l’AFP que la Cour « mélange dépenses de l’Etat, coût complet, projet sommaire et programme ».  Elle aurait d’ailleurs « validé la régularité comptable » du chantier, ajoute le dernier né des grands musées parisiens.
La Cour désigne également pour responsable les retards de chantier qui s’élèvent à 44 mois pour le cas de la Cinémathèque française.  Ici comme ailleurs, la valse des changements de gouvernement a nuit au respect du calendrier. La Cour estime que l’allongement des travaux a coûté 4,5 M€ et « le rend responsable de la moitié du dérapage financier ».
Afin d’éviter ces travers coûteux, la Cour des Comptes recommande au ministère de la culture de mieux définir les responsabilités des uns et des autres, « pour gagner en efficacité », conclut Le Parisien.

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